Un bon début

Parmi les bons points à mettre à l’actif de la coalition gouvernementale formée suite au scrutin du 25 novembre le fait d’avoir fait sortit les affaires publiques qui préoccupent tous les Marocains de la zone d’ombre et d'obscurité et les a entourés d'un halo de lumière et de clarté.

Jusqu’à maintenant, les leaders de cette coalition veillent à informer l’opinion publique de tous les détails, petits ou grands, et en fonction des derniers développements enregistrés sur le plan des consultations.

S’il est évident que cette nouvelle mutation communicationnelle satisfait la revendication légitime de la presse s’agissant de l’accès à l'information à sa source officielle et crédible, force est de relever que les fausses informations publiées par certaines tribunes médiatiques pour faire croire aux lecteurs qu'elles disposent de détails qui ne seraient pas disponibles même chez les décideurs, ne constitueraient qu’une manipulation de « détails » ambigus ou douteux qui feraient ouvrir les gueules des démons et porteraient préjudice à la crédibilité de la presse.

Par conséquent, il est temps de chercher les informations à leurs sources, tant que ces dernières ne ferment pas la porte ou le téléphone devant toute question ou interrogation. Ainsi, nous aurons épargné au citoyen, aspirant à connaître le sort de son choix lors du scrutin du 25 novembre, la peine de rechercher de la vérité entre les « rumeurs » et les « commérages ».

Mohamed Mechahouri

Dans un communiqué publié à l’issue de la session extraordinaire du Conseil national du Mouvement Populaire
– l’approbation à l’unanimité de la décision de participer dans le gouvernement et le mandatement du Secrétaire général pour poursuivre les consultations
– Rupture de la liaison avec « l’Alliance pour la Démocratie », dans le respect du principe de la clarté et pour éviter l’ambigüité et positionnement ambivalent

Le Conseil national du Mouvement Populaire a tenu, le dimanche 11 décembre 2011 à Rabat, une session extraordinaire, consacrée à la discussion des derniers développements de la scène politique nationale après les élections législatives anticipées du 25 novembre dernier et à l’approbation des positions et des résolutions appropriées requises pour faire face à la nouvelle situation politique.

Les membres du Conseil national ont suivi l’exposé présenté par M. Mohand Laenser, Secrétaire Général du Parti, dans lequel il a mis en exergue les caractéristiques essentielles du contexte général dans lequel s’es déroulé le scrutin du 25 novembre, incarnée principalement par l’inauguration par le Maroc d’une nouvelle étape de son processus démocratique, dont l’essence est l’adoption populaire quasi-unanime du document constitutionnel.

M. Laenser a considéré que les résultats issus des dernières élections sont la résultante des changements accélérés qu’a connus la société marocaine, tout en indiquant que l’augmentation du taux de participation par rapport à celui enregistré lors des législatives de 2007 constitue l’un des indicateurs de la dynamique impulsée par la réforme constitutionnelle au paysage politique.

Une liaison non-catholique

Le Mouvement Populaire a rompu sa liaison avec « l’Alliance pour la Démocratie » ; une décision qui n'est susceptible que d’une lecture objective, régie par la logique et la raison et s’appuyant sur la prise en considération d’un contexte où les Marocains ne peuvent plus supporter un paysage politique ambigu et noyé dans le flou.

Quant le Mouvement Populaire avait décidé, immédiatement après l'adoption de la nouvelle constitution, d’intégrer l'alliance des huit partis, son unique motivation était de contribuer à la mise en place des préalables d’une véritable polarité politique, basée sur le programme et la réunion autour d'un projet sociétal aux contours clairs. Mais en même temps, le Mouvement Populaire était clair s’agissant de sa liberté de choisir le positionnement approprié après les élections et a considéré que la relation d'alliance n'est pas un mariage catholique ou une assignation à une « résidence surveillée » éternelle.

Cette clarté dans la vision, le discours et les déclarations de la direction du Parti a renforcé notre crédibilité aux yeux de tous, d’autant que nous avons proclamé d'emblée que nos alliances ne sont dirigées contre quiconque. Il est des spécificités du Mouvement Populaires de faire prévaloir la noblesse et le tact dans ses relations avec tous les protagonistes politiques. Ce qui nous a permis de rester à l’écart des joutes oratoires qui ont transgressé, dans de nombreux cas, la limite tolérée moralement dans le langage de communication politique.

Le « G8 » nous a fait subir des pertes importantes numériquement lors des dernières élections et nous n'avons pas été consultés, même à titre d’information, par certaines des composantes de ce groupement qui ont choisi de se positionner dans l'opposition. Pire, nous avons encouru de certains – que Dieu leur pardonne – des insinuations préjudiciables auxquelles nous n’avons pas réagi par respect à la noblesse qui anime notre corps politique.

Et parce que nous sommes éduqués pour épouser cette bonne conduite, nous avons tenu au moment de la prise de décision de rompre la liaison avec le G8 de choisir la formule la plus appropriée pour informer « les alliés d’hier » d’une décision qui n'est dirigée contre quiconque, mais qui consacre notre conviction en l'unicité du discours et de la position et de la négation de tout positionnement ambivalent.

Mohamed Mechahouri

Analyse
Abdelilah Benkirane s’assure une majorité confortable pour sa formation gouvernementale pressentie

Suite à l'approbation par les organes dirigeants du Parti de l'Istiqlal, du parti du Mouvement Populaire, dimanche dernier, et du Parti du Progrès et du Socialisme, samedi dernier, de la décision de rejoindre l’alliance gouvernementale, M. Abdelilah Benkirane, chargé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI de former un gouvernement, s’est assuré une majorité confortable pour sa formation gouvernementale pressentie et pourra ainsi passer, comme prévu, à une deuxième phase de consultations portant sur la répartition des portefeuilles ministériels.

En plus des 107 sièges remportés par le Parti de la Justice et le Développement lors du scrutin du 25 novembre, les consultations menées par M. Benkirane jusqu'à maintenant lui ont permis de s’assurer une majorité numérique pour son gouvernement attendu, comprenant également 60 sièges pour le Parti de l’Istiqlal, 18 sièges pour le Parti du Progrès et du Socialisme et 32  sièges pour le Mouvement Populaire. Ce qui fait un total de 217 sièges, soit environ 55% du total des sièges au niveau de la Chambre des Représentants qui sont au nombre de 395 sièges.

Le Conseil national du Mouvement populaire a approuvé à l’unanimité le principe de participation au prochain gouvernement
– Le Mouvement Populaire rejoindra le gouvernement pour défendre les priorités de son programme électoral
– M. Laenser appelle le Bureau politique à jouer son rôle au niveau de l’orientation et de l’encadrement aux niveaux local et régional

Le Conseil national du Mouvement Populaire a, lors de sa session extraordinaire hier (dimanche), approuvée à l'unanimité le principe de participation au prochain gouvernement et a délégué au Bureau politique la mission d'informer les partis de l'Alliance pour la Démocratie la décision du Mouvement Populaire de quitter cette alliance.

A l’ouverture des travaux de cette session extraordinaire du Conseil national, M. Mohand Laenser, Secrétaire Général du Mouvement Populaire, a salué l’ambiance générale qui a marqué globalement l’opération électorale, affirmant que les élections du 25 novembre se sont déroulées dans une ambiance satisfaisante eu égard au nombre réduit des plaintes enregistrées et au fait que les observateurs internationaux et nationaux n’ont pas relevé de violations électorales à grande échelle.