A l’ouverture des travaux de la 4e édition de l’Université Populaire


M. Mahjoubi Aheradane, Président du Mouvement Populaire, a affirmé, samedi dernier à Skhirat, que l’amazighité constitue l’une des composantes essentielles de l’identité de tout Marocain traditionnel et authentique.

Intervenant à la séance d’ouverture de la 4e édition de l’Université Populaire, organisée samedi et dimanche sous le signe « le nouveau défi de la question amazighe : quels acquis pour quel avenir ? », le Président du Mouvement Populaire, a critiqué le Marocain authentique qui préserve son idéologie islamique et reste attaché aux racines de sa patrie et au sol de son royaume, mais renoncer toutefois à sa langue amazighe langue sous prétexte que cette dernière ne lui sera d’aucune utilité.

Dans ce sens, M. Aherdane a indiqué qu’il est vrai que la langue étrangère ouvre les portes de l’avenir et permet d’être au contact avec le monde, mais cela ne signifie nullement l’abandon de la langue amazighe, qui est le fondement de l’identité marocaine.

M. Aherdane a précisé, par ailleurs, que l’identité marocaine est complexe, qui de multiples dimensions, racines et références et dans laquelle s’interpénètrent les dimensions arabe, amazighe, islamique, africaine, andalouse et juive, soulignant que les langues arabe et amazighe étaient en vigueur grâce à la coexistence des tribus arabes et amazighes, à tel point que des tribus arabes sont devenues amazighes et que d’autres tribus amazighes se sont arabisées, du fait de migrations, d’unions ou de mariages.

M. Aherdane a indiqué que cette coexistence a été longtemps préservée jusqu’à ce que le pays tombe dans les mains du colonisateur étranger, qui a adopté la politique de « diviser pour régner », soulignant que le mouvement national a heureusement pris conscience de ce danger et a réitéré son attachement aux deux composantes arabe et musulmane de l’identité marocaine, qui étaient menacées à l’époque par le colonisateur.

M. Aherdane a souligné que la lutte menée après l’indépendance par les militants amazighs pionniers, que ce soit à partir de leur position partisane ou associative, a permis de préserver la langue amazighe et de conserver, afin qu’elle soit à la hauteur des responsabilités nationales qui constituent la fierté des Marocains.

M. Aherdane a souligné que la Discours Royal historique d’Ajdir, qui a constitué un jalon dans le cadre du processus de fondation de la démocratie, a réhabilité tous les affluents représentant les dimensions culturelles et civilisationnelles de l’identité marocaine.

Pour sa part, M. Mohand Laenser, Secrétaire Général du Mouvement Populaire, a mis en exergue les importants acquis réalisés dans plusieurs domaines visant à promouvoir l’amazigh en tant que composante essentielle de la culture et de l’identité marocaines.

M. Laenser a indiqué que malgré ces acquis importants, qui se sont traduits par la naissance de l’Institut Royal de la Culture Amazighe, l’extension de l’espace médiatique amazigh, l’intégration de la langue amazighe dans le système de l’éducation et de l’enseignement, l’adoption de l’alphabet « Tifinagh », des craintes persistent toutefois par rapport à l’avenir.

M. Laenser a précisé que cela nécessite la consolidation des garanties juridiques et constitutionnelles à même de promouvoir davantage l’amazigh et d’accorder à cette question l’importance et l’intérêt qu’elle mérite, en prenant des initiatives politiques visant à concrétiser les recommandations du discours historique d’Ajdir, dans lequel Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait souligné que la promotion de l’amazigh est une responsabilité nationale s’inscrivant dans le cadre de la réalisation du projet sociétal démocratique et moderniste, basé sur l’affirmation de la personnalité nationale et ses symboles linguistique, culturel et civilisationnel.

Dans le même ses, M. Mohamed Ouzzine, Coordinateur de l’Université Populaire, a rappelé le Discours Royal d’Ajdir, qui a réhabilité la langue amazighe,

M. Ouzzine a indiqué que la promotion de l’amazigh est une action laissant prévoir un avenir prometteur du Maroc de demain, celui de la régionalisation élargie qui débouchera sans nul doute sur un développement équitable et équilibrée entre les régions, dans le cadre d’une complémentarité entre les dimensions économiques, socioculturelles et géographiques, en cohérence avec la particularité du Maroc, riche par la diversité de ses affluents culturels et territoriaux fusionnant dans une identité nationale unique.

M. Ouzzine a affirmé qu’il temps de procéder à l’ouverture d’un dialogue national global et démocratique autour de la question amazighe, en vue d’élaborer une charte nationale permettant de garantir la protection constitutionnelle et juridique des droits culturels au Maroc, à savoir notamment la constitutionnalisation de l’amazigh comme langue nationale ; une charte nationale qui recueille le consensus des différents partis politiques et associations concernées afin d’œuvrer à la préservation de la culture de la diversité et de la différence, et sa consécration en tant que règle démocratique pour l’enrichissement mutuel des cultures et des civilisations nationales composant l’identité marocaine.

De son côté, M. Saïd Saâdi, Président du parti du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie en Algérie, a évoqué la problématique de l’identité que soulève la question amazighe en Afrique du Nord, que ce soit sur les plans civilisationnel et culturel, que sur le plan linguistique, soulignant qu’il existe une dynamique inévitable qui anime et façonne ce groupement naturel qu’est l’Afrique du Nord et dans lequel la composante amazighe s’adjuge la part du lion.

Le Président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie a également évoqué les étapes parcourues par la question amazighe en Algérie, affirmant que l’amazigh est une partie de l’identité algérienne, qui a certes réalisé des progrès importante, mais demeure toutefois inachevé aux yeux des acteurs amazighs et de leurs partisans à l’intérieur du pays et à l’étranger.

Pour sa part, M. Ahmed Assid, membre de l’Observatoire Amazigh des Droits et Libertés, a évoqué trois obstacles qui empêchent que l’amazigh assume un rôle vital dans la consolidation et la consécration de la démocratie, à savoir la prévalence des mentalités anciennes qui sont l’héritage des politiques antérieures à 2001, la duplicité des références juridiques dans l’enseignement, ainsi que le problème de l’histoire.

Il est à signaler que la première journée des travaux de cette 4e édition de l’Université Populaire a été marquée par l’organisation de quatre ateliers, à savoir « Médias et communication », « Loi et droit », « Le développement et les domaines socioculturels et régional » et « Education, enseignement et recherche scientifique ».

Les participants à ces ateliers ont débattu des réalisations accomplies dans le domaine de l’amazigh et leurs impacts sur la société ainsi que leur rôle dans le renforcement de l’identité marocaine forte de ses différentes composantes, et dans la réussite des chantiers de développement durable.

Les travaux de la 4e édition de l’Université Populaire se sont poursuivis, hier dimanche, par une intervention de M. Addi Sbaîi, chercheur dans le domaine de la culture amazighe et membre du Bureau politique du Mouvement Populaire, dans laquelle il a évoqué la question amazighe entre l’action de militantisme et les perspectives d’intégration.

La seconde journée de cette édition a été marquée également par la lecture des recommandations émises par les ateliers organisés et de la déclaration finale et ce, en présence de dirigeants de partis politiques, de parlementaires, d’acteurs associatifs et culturels, nationaux et étrangers.

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