Lors de la journée d’étude organisée par la Jeunesse Harakie sous le thème « La femme rurale : les contraintes de la réalité et les défis du développement »
Il est impossible de réaliser les objectifs de développement rural durable sans une reconnaissance de l’importance de la femme rurale et de sa contribution efficace au développement

Les participants à la journée d’étude, organisée par la Jeunesse Harakie, vendredi dernier au siège du Secrétariat Général du Mouvement Populaire à Rabat, ont été unanimes à souligner qu’il est impossible de réaliser les objectifs de développement rural durable sans une reconnaissance de l'importance de la femme rurale et de sa contribution efficace au développement.

Les participants à cet événement, organisé sous le thème « la femme rurale : les contraintes de la réalité et les défis du développement », ont affirmé que la femme dans le monde rural occupe une place importante dans le processus de production en tant que femme, agricultrice, artisane, commerçante, employée ou utilisatrice de produits naturels. En d’autres termes, elle assure de la nourriture pour sa famille malgré ses ressources limitées en matière d’accès à la terre, à l’approvisionnement, aux techniques, à la qualification, à la communication et autres.

Pour sa part, Mme Fatna Al-Khiel, membre du Bureau Politique du Mouvement Populaire, a affirmé que la femme rurale constitue désormais une importante force active dans différents domaines.

Mme Al-Khiel a expliqué que le rôle de la femme rurale ne se limite plus au niveau de l'emploi et de la production, à savoir la contribution au revenu familial à travers les activités agricoles et para-agricoles qu’elle exerce, mais elle joue désormais un rôle clé dans la gestion des affaires politiques, tant au niveau local que national.

Mme Al-Khiel a souligné que la femme rurale est consciente que le monde autour d'elle connaît des mutations rapides qu’elle doit accompagner pour être capable d’y vivre. Ainsi, elle est désormais ouverte sur son environnement avec l’ambition de promouvoir ses produits artisanaux et son rôle important dans la gestion des affaires politiques de son pays, rappelant la représentativité positive de la femme rurale dans les différentes organisations, notamment politiques, où elle a réussi à accéder aux centres de décision.

De son côté, Mme Nawal El-Houari, experte en économie et en développement rural, a souligné que les femmes rurales demeurent encore sous la tutelle d’une société patriarcale, affirmant que cette catégorie, qui représente 50,3% de la population féminine totale dans notre pays, dont 67% d'entre elles sont analphabètes, et dont les conditions de vie leur imposent de travailler à un âge précoce avant 15 ans, jouent un rôle important en matière de sécurité alimentaire, tant sur le plan local que national, en plus de l'éducation des enfants et du travail domestique.

Mme El-Houari a ajouté que les femmes rurales participent activement à la production et la fabrication de plusieurs activités agricoles, à savoir notamment la lutte contre les mauvaises herbes, la récolte, les semis, la dissémination des engrais, l'élevage et la commercialisation.

Mme El-Houari a évoqué toutefois des contraintes socio-économiques, dont notamment la faiblesse de l’encadrement sanitaire et éducatif, le déficit que connaissent les droits de propriété en raison des traditions sociales en vigueur, l’absence de possession de terres par la femme rurale, l'abandon de son droit au bénéfice du mari ou du fils si elle est propriétaire, la difficulté d'accès aux crédits et aux sources de financement, le déficit de sa représentation au sein des organisations professionnelles, associatives et politiques, en plus de la violence physique et sexuelle et la persévérance du mariage des mineurs.

L’experte en économie et en développement rural a conclu à la nécessité d’intervention des différents acteurs pour inciter les femmes rurales, en particulier, à bénéficier de l’enseignement et de leurs droits à la propriété et Tatirhen et les encourager à adhérer aux organisations féministes et à renforcer leur participation dans l'identification des besoins de développement et dans la prise des décisions en matière de planification locale, et leur implication dans l’élaboration des programmes de développement rural.

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