M. Laenser dans un débat serein avec le club estudiantin « Les managers de demain »
Condamnation du terrorisme sous toutes ses formes, félicitation de la presse sérieuse et appel aux jeunes à s’engager dans l’action politique

L’une des salles de l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion à Settat a été, mercredi dernier, a été la scène d’un débat serein entre M. Mohand Laenser, Secrétaire Général du Mouvement Populaire et Ministre d’Etat, et le club estudiantin « les managers de demain », qui ont soulevé des questions d’actualité,  puisant leur substance dans le vécu quotidien sur le territoire national et dans les évènements qu’enregistre le monde arabe de l’océan Atlantique au Golfe.

Les questions soulevées par les étudiants ont porté sur la vie politique, les partis politiques marocains, la loi sur les partis, la balkanisation politique et les perspectives d’avenir après les réformes engagées par le Maroc depuis 2008 et les réformes entreprises par notre pays aujourd’hui.

Les réponses apportées par M. Laenser ont été satisfaisantes et a inscrit certaines questions dans leur contexte historique et naturel, tant au niveau du parti du Mouvement Populaire qu’au niveau du travail du gouvernement et des évolutions et des développements qu’enregistrent les scènes nationale et arabe.

M. Laenser a affirmé « j’ai poursuivi mes études, mais la chance a joué un grand rôle dans l’évolution du cours de ma vie, à plus d’une fois. C’est une bonne chose, car la chance a joué positivement ».

Il a poursuivi en parlant de son parcours professionnel, caractérisée par l’autodidactie, rappelant qu’il a évolué d’agent technique au Ministère des Postes et Télécommunications, en passant par des postes de responsabilité moyens et hauts, jusqu’à ce qu’il atteigne les plus hauts postes comme Ministre de la Poste, soit le département où il a débuté sa carrière ; chose qui est rare.

M. Laenser a distingué entre sa vie professionnelle et sa vie politique quand il a présenté son exposé, qui a retenu l’attention des étudiantes et des étudiants en raison de sa richesse et sa singularité. Avant d’évoquer son parcours politique, M. Laenser s’est interrogé : si quelqu’un ressent qu’il a réussi dans sa vie professionnelle et sa vie familiale, cela lui donne un nouveau souffle pour réaliser davantage d’acquis et c’est ce qui m’a incité à s’engager dans le monde de la politique.


Le Mouvement Populaire a écarté la menace du parti unique et a prôné le multipartisme

S’agissant de son expérience politique, M. Laenser a évoqué ses premiers pas comme tout jeune qui découvre le monde de la politique, s’arrêtant plus longuement sur son expérience depuis 1986 à nos jours, du fait que cette année constitue un tournant important dans le parcours du Mouvement Populaire ; lequel parti a été fondé en 1958 et a été porteur d’une forte charge démocratique, à travers notamment l’écartement du fantôme du « parti unique » et la revendication du dahir des libertés publiques, qui a fondé le multipartisme ayant fait du Maroc un modèle à suivre dans le monde arabe.


La nécessité d’instituer le débat et le dialogue et de s’écarter de la politique de la chaise vide


M. Laenser a entretenu les jeunes étudiants au sujet de la nécessité d’instituer le débat et le dialogue et de s’écarter de la politique de la chaise vide, car le changement requiert la participation et l’apport d’une valeur ajoutée qualitative à travers une critique constructive, et car le retrait de la scène politique relève d’un esprit négativiste. M. Laenser a indiqué que « le Maroc s’est engagé dans des réformes dans tous les domaines et que beaucoup de choses restent à accomplir et que cela demeure tributaire de l’implication de tout le monde, car nous sommes en face d’un projet sociétal, d’un projet de la Nation qui intéresse tous les Marocains, sans exception.

Après cet exposé exhaustif et qualitatif, le débat a été ouvert, lors duquel les étudiants ont fait montre d’une grande maîtrise en matière de suivi de l’actualité et du débat profond et serein. Leurs questions étaient d’actualité, puissant leur substance dans le vécu quotidien et les questions soulevées sur la scène nationale et arabe. Les étudiantes et étudiants se sont interrogés sur « le Mouvement  du 20 février », la réalité vécue dans le monde arabe, la Tunisie et l’Egypte comme exemple,  la liberté de l’information, les questions de terrorisme, l’attentat d’Argana, la transition démocratique au Maroc, les partis politiques et l’alternance politique, la transhumance partisane, la balkanisation politique et d’autres questions.


Les revendications du « Mouvement du 20 février » sont légitimes


En réponse à ces questions, M. Laenser a affirmé qu’au début, tout le monde a applaudi le « mouvements du 20 février, ajoutant « nous les avions rencontrés et nous avions discuté avec eux et nous avions relevé que leurs revendications étaient légitimes, car c’étaient les revendications de tous les Marocains. Il est vrai que ces revendications étaient déjà soulevées, mais ce mouvement de jeunesse a relevé le plafond des revendications et a accéléré leur rythme, générant ainsi des résultats positifs que nous vivons actuellement à travers la révision de la Constitution et d’autres réformes profondes qui sont en faveur de la patrie et des citoyens ».

M. Laenser a ajouté « nous ne devons pas s’attendre à des résultats immédiats, car les choses interviennent de manière graduelle ; chose qui est très normale. D’autre part, M. Laenser a mis en garde contre l’instrumentalisation par certains « arrivistes » des revendications de cette catégorie pour arriver à leurs desseins.

L’Instance Equité et Réconciliation a constitué une révolution qui a suscité l’attention du monde

Par ailleurs, M. Laenser a évoqué certaines mesures de réforme qui sont entrées dans l’histoire par la grande porte, soulignant que le Maroc a constitué l’exception en ayant relevé plusieurs défis, évoquant à cet effet l’Instance Equité et Réconciliation qui a constitué une révolution, applaudie et ayant suscité l’intérêt du monde. Cette instance a renforcé le rayonnement de notre pays, parce qu’elle a représenté un précédent dans le monde arabe et musulman et même pour les pays démocratiques.


Les révolutions arabes ont été applaudies par tout le monde … mais qu’en est-il après ?

Concernant ce qui se passe dans les pays arabes, l’Egypte et la Tunisie par exemple, M. Laenser a suligné que ce qui a été réalisé par la jeunesse arabe a été salué par tous les Etats de la planète, que ce soit pour la révolution du Jasmin en Tunisie ou pour la révolution du 25 janvier en Egypte, mais il s’est avéré par la suite, soit après la révolution, qu’il n’existait aucune alternative.

À cet égard, M. Laenser a indiqué qu’il avait rencontré, lors de sa récente visite en Egypte, des jeunes de la révolution du 25 janvier et qu’il eu des entretiens avec eux sur les perspectives d’avenir, mais il s’est avéré que les égyptiens ne pourraient tolérer la carte politique que risquent d’engendrer les élections législatives en Egypte, ce qui soulève de nombreux défis face au peuple égyptien.


La transition démocratique a perduré dans notre pays


D’autre part, M. Laenser s’est arrêté longtemps sur la transition démocratique au Maroc qui a été lancé en 1998, soulignant qu’elle a perduré et attribuant cela à plusieurs raisons, dont notamment la législation en vigueur qui n’a pas tranché de nombreuses problématiques en suspens. Toutefois et avec beaucoup d’optimisme, M. Laenser a indiqué que nous sommes sur la voie des réformes et que les élections de 2012 apporteront du nouveau dans ce domaine, car tout le monde revendique le changement. A cet égard, M. Laenser a évoqué le modèle français, soulignant que la scène française regorge de partis, mais que grâce aux lois en vigueur, les partis sont scrutés sous le microscope, à travers l’adoption du seuil, d’un mode de scrutin adapté et d’autres mécanismes pour engendrer une carte politique homogène, définir les responsabilités et engendrer des gouvernements responsables et pouvant être interpelés par la suite.

La liberté de la presse, la revendication de toutes les démocraties du monde


S’agissant du rôle de la presse et de tous se genres audio-visuelle et écrite, M. Laenser a affirmé que la presse libre et intègre constitue un affluent incontournable pour le progrès des nations, car il représente le quatrième pouvoir qui accompagne, propose, anticipe, suggère des idées et soumet des critiques constructives qui contribuent dans l’édification de la société.


Nous condamnons le terrorisme sous toutes ses formes

Concernant le fléau du terrorisme, M. Laenser a déclaré « nous condamnons le terrorisme sous toutes ses formes et tous les Marocains le condamnent avec toute la force, car il s’agit d’un phénomène étranger à notre pays, soulignant que la justice prononcera son jugement contre ceux qui ont commis le crime d’Argana.

Partager sur Facebook