L’association Taouisa organise un séminaire sur le thème « les perspectives de consécration de l’amazighe comme langue officielle dans la constitution marocaine »

M. Ahmed Assid, professuer et chercheur sur la question amazighe, a affirmé que le document constitutionnel est le seul à même de réhabiliter la notion de citoyenneté, ajoutant qu’on devrait tirer profit de cette étape pour en sortir avec une constitution qui honorerait le Maroc, car ce dernier mérite la liberté, la dignité et la justice sociale.

Cette déclaration est intervenue dans le cadre du séminaire organisé récemment par l’Association Taouisa à Tanger sur le thème « les perspectives de consécration de l’amazighe comme langue officielle dans la constitution marocaine ».

M. Assid a souligné, par ailleurs, que c’est le contenu de la Constitution qui détermine si la constitution est démocratique ou non, et non pas le référendum.

M. Assid a ajouté que la reconnaissance de cette langue dans les constitutions obéit à un processus démocratique et que la non-reconnaissance de la langue amazighe signifie que nous n’avons pas encore atteint la maturité démocratique, soulignant que grâce à la consécration de l’amazighe comme langue officielle dans la constitution, les dialectes seront désormais protégés, les symboles amazighs négligés et marginalisés seront réhabilités et un équilibre est rétabli entre les langues arabe et amazighe.

En outre, M. Assid a souligné que la constitutionnalisation de la langue amazighe est une condition essentielle pour la faire jouir de la position dont elle est digne, à commencer par son usage dans l’éducation, les médias, les tribunaux et sur les façades des institutions et ministères.

De son côté, Dr. Mouloud Lounaoussi d’Algérie a passé en revue un ensemble de données historiques sur le mouvement amazigh en Algérie, ainsi que les massacres dont ont été victimes les militants de ce mouvement jusqu’à l’année 2001 et qui ont engendré 1.071 morts et des centaines de blessés et de mutilés, pour entraver la marche des militants de ce mouvement qui ont revendiqué la réhabilitation de la langue amazighe dans la position qu’elle mérite aux côtés de la langue arabe.

M. Lounaoussi a indiqué que la protection d’une langue demeure tributaire de sa consécration comme langue officielle pour qu’elle devienne la langue des institutions à l’instar de la langue arabe et qu’elle ait les mêmes droits, ajoutant qu’à travers sa consécration comme langue officielle dans la Constitution, la langue amazighe pourrait ainsi s’améliorer et accompagner d’autres choses.

Dans le même contexte, M. Allal El-Moussaoui, avocat au Barreau de Tanger et militant amazigh des droits de l’Homme, a souligné que la Constitution traduit la réalité juridique humaine régnant dans chaque système et qu’elle représente la norme juridique suprême qui régit l’Etat.

M. El-Moussaoui a précisé que cette revendication, qui était l’apanage des mouvements amazighs, est devenue une revendication populaire et qu’on devrait prendre en considération le saut qualitatif qu’a connu cette revendication.

M. El-Moussaoui a indiqué que d’un point de vue juridique, si la langue amazighe est constitutionnalisée, nous disposerons d’un droit garanti par la Constitution et protégé en vertu d’un texte juridique, et cette langue pourrait alors évoluer et investir tous les domaines.

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