M. Laenser prend part à une conférence internationale au Caire sur « la transition vers la démocratie dans le monde arabe : défis historiques et des solutions libérales »
L’absence de la démocratie et la mauvaise gouvernance sont les causes majeures de la situation actuelle dans la région arabe

M. Mohand Laenser, Secrétaire Général du parti du Mouvement Populaire, a affirmé que l’absence de la démocratie et la mauvaise gouvernance ont été les principales raisons de la situation actuelle que vit la région arabe, consistant en un soulèvement populaire revendiquant le changement.

S’exprimant lors d’une Conférence internationale sur « la transition vers la démocratie dans le monde arabe : défis historiques et solutions libérales », organisée vendredi dernier au Caire, M. Laenser a souligné que « la jeunesse arabe ne peut plus tolérer l’exclusion et la marginalisation, ce qui l’a poussée au soulèvement pour revendiquer la dignité et le droit à la liberté et d’expression ».

M. Laenser a poursuivi que «  la détermination des jeunes à mettre fin à la dilapidation des richesses nationales et l’enrichissement indécent de personnalités influentes dans le cercle du pouvoir, et leur aspiration à réaliser davantage de justice sociale, leur a permis de mettre un terme à la démocratie de façade et à aller de l’avant sur la voie de l’instauration d’une démocratie effective, fondée sur le respect des droits de l’Homme et ouvrant de nouveaux horizons pour la réalisation des aspirations et des attentes des peuples de la région.

Après avoir souligné l’essence libérale et sociale des derniers événements qu’a enregistrés la région arabe, le Secrétaire Général du parti du Mouvement Populaire a indiqué que les médias et les réseaux sociaux ont contribué efficacement à la promotion de la liberté d’expression et d’échange de vues, affirmant que « la censure n’a plus d’emprise face à l’audace incommensurable d’une jeunesse qualifiée et capable d’exploiter les nouveaux moyens de la révolution technologique.

M. Laenser a précisé que les raisons de la colère de la rue arabe et la nature de ses attentes ne varient pas d’un pays à l’autre, mais que la réponse à ces revendications a différé, puisque certains de ces pays, comme la Tunisie et l’Egypte, ont enregistré la chute de leurs régimes, alors que d’autres pays, comme la Libye et la Syrie, se sont transformés en une scène d’affrontements sanglants, au même moment où le régime yéménite est en train de s’effondrer.

M. Laenser a ajouté que le Maroc a connu, à l’instar des pays de la région, des mouvements revendiquant le changement et qui ont trouvé un écho immédiat et courageux auprès de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a ouvert la voie à une réforme audacieuse de la Constitution et des institutions et au renforcement du système de la décentralisation.

Par ailleurs, M. Laenser a affirmé que les mesures contenues dans le Discours Royal du 9 mars dernier ont dépassé le plafond des revendications exprimées, puisque Sa Majesté le Roi n’a pas mis des limites aux travaux de la commission chargée de la révision de la Constitution.

M. Laenser a rappelé, dans ce sens, un certain nombre de dispositions qui ont accompagné ces réformes, à savoir notamment la grâce accordée à un groupe de personnes condamnées à des peines de prison en vertu de la loi anti-terrorisme dans l’objectif  de consolider le processus de promotion des libertés et des droits de l’Homme et le renforcement du rôle du Conseil en charge des droits de l’Homme, qui est passé de son caractère consultatif pour devenir un conseil national ayant de larges prérogatives.

M. Laenser a ajouté que parmi les dispositions prises figurent aussi la mise en place de l’institution du médiateur et l’introduction de réformes au système national de lutte contre la corruption et au Conseil de la Concurrence pour les doter d’un pouvoir de sanction.

D’autre part, M. Laenser a souligné que la dynamique sociale au Maroc a permis d’enclencher un grand élan de mobilisation, similaire dans une large mesure à certaines épopées de l’histoire du Maroc, notamment celles de l’Indépendance et de la Marche Verte.

M. Laenser a considéré que s’ils ont été motivés certes par des revendications de la dignité et la démocratie, les développements qu’enregistre la région arabe ne sont pas escomptes de craintes et de préoccupations, d’autant plus que l’instauration de la démocratie n’est pas une fin en soi.

Selon M. Laenser, les difficultés auxquelles est confrontée la dynamique sociale arabe résident dans le fait que certains masses populaires protestataires ne sont pas encadrées et politiquement structurées, relevant des inquiétudes à l’encontre de l’instrumentalisation de certains courants et groupes extrémistes des revendications des jeunes pour atteindre leurs propres objectifs.

M. Laenser a mis en garde, à cet égard, contre la montée des partis radicaux qui exploitent le vide politique pour spolier le pouvoir dans un certain nombre de pays, ainsi que contre les dangers du terrorisme et de l’extrémisme religieux et politique, qui menacent la sécurité et la stabilité des pays de la région et cherche à contrecarrer la vague des réformes, comme cela s’est produit récemment à Marrakech ; la ville qui symbolise la coexistence, la tolérance et l’ouverture.

Le Secrétaire Général du parti du Mouvement Populaire que l’absence d’un soutien par les pays de la rive Nord de la Méditerranée à ces réformes dans la région arabe risque d’entraver le processus de ces changements, soulignant que ce soutien ne doit pas se limiter aux aspects économiques et sociaux, mais devrait inclure la zone géopolitique, pour éviter de créer un climat de suspicion et de méfiance entre les Etats arabe et leurs partenaires du Nord.

Il est à noter que la conférence sur « la transition vers la démocratie dans le monde arabe : défis historiques et solutions libérales », a été organisé durant deux jours par le Bureau régional de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, en coopération avec le Réseau des Libéraux Arabes.

Outre M. Laenser, le Maroc est représenté dans cette Conférence par une délégation compreant M. Aziz Dermoumi, membre du Bureau Politique du Mouvement Populaire et Secrétaire Général de la Jeunesse Harakie, Mme Fatima Eddaîif, membre du Conseil National du Mouvement Populaire, M. Hassan Abyaba, membre du Bureau Politique du parti de l’Union Constitutionnelle, et de Mme Hind Adil du même parti. La délégation marocaine a pris part à cette conférence aux côtés de dirigeants politiques de divers organisations et partis libéraux du monde arabe, de Moyen-Orient et d’Europe.

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