En marge d’une rencontre organisée par le Mouvement Populaire
Des acteurs partisans et des jeunes débattent le thème « le Maroc politique, entre responsabilité et audace »

M. Aziz Dermoumi, Secrétaire Général de la Jeunesse Harakie et membre du Bureau Politique du Mouvement Populaire, a affirmé que la rencontre organisée par le Parti, mardi dernier à Rabat, sur le thème «  le Maroc politique, entre responsabilité et audace » constitue une tentative d’ouvrir un large débat autour des questions d’actualité soulevées dans la scène politique, notamment en ce qui concerne les réformes.

Le Secrétaire Général de la Jeunesse Harakie a précisé que la conjoncture actuelle rend impératif le lancement de plusieurs réformes, notamment celle portant sur le code électoral, soulignant que « Le Mouvement du 20 février » a contraint, d’une manière ou d’une autre, les partis politiques, dont le rôle essentiel réside dans l’encadrement des citoyens, à ouvrir un large débat, regroupant les différents acteurs politiques, académiques et civils, pour examiner les revendications exprimée par l’opinion publique marocaine, en général, et les jeunes en particulier.

M. Dermoumi a souligné, par ailleurs, que le Mouvement Populaire, qui a toujours veillé à préserver les intérêts supérieurs de la Nation, a jugé pertinent d’associer aujourd’hui tous les acteurs concernés à l’élaboration de recommandations qui peuvent être adoptées, afin de poursuivre le processus des réformes, qui a été lancé depuis les années 90 du siècle dernier, voire accélérer la cadence de ses réformes, d’autant plus que le Mouvement Populaire a fait preuve d’un audace qu’elle tire de sa légitimité historique et d’un sens de responsabilité pour accompagner les revendications de la société civile de façon efficace et positive.

Pour sa part, M. Lahcen Sekkouri, docteur en sciences politiques et membre du Conseil National du Mouvement Populaire, a affirmé que la rencontre du Mouvement Populaire et des autres acteurs politiques nationaux avec les jeunesses de différentes tendances politiques et civiles, ainsi que les membres du « Mouvement du 20 février », a révélé un ensemble de faits qui étaient ignorés jusqu’à très récemment, dont le plus important est que les jeunes marocains sont généralement avides de s’impliquer dans l’action politique, contrairement aux fausses idées sur leur désaffection politique.

M. Sekkouri a estimé que les revendications des jeunes sont légitimes et qu’elles sont conformes aux revendications des partis nationaux, bien que les jeunes sont plus audacieux à les exprimer ; ce qui exige des partis politiques, en général, d’innover de nouveaux modes d’exercice de l’action politique pour être en phase avec les exigences de cette étape et avec les aspirations et les attentes des jeunes, en particulier, et des Marocains en général.

Le membre du Conseil National du Mouvement Populaire a précisé que le plafond des revendications du « Mouvement du 20 février » dépasse le plafond des constantes nationales, indiquant que ces revendications incitent au lancement d’une nouvelle génération de réformes qui ouvriraient la voie vers un Maroc où est garantie la dignité et où règne la justice sociale pour l’ensemble des citoyens.

De son côté, M. Ismaïl Al-Hamraoui, membre du Forum des Jeunes Marocains, a souligné, lors de son intervention, que les revendications des jeunes revêtent un caractère social, relatives notamment à la création d’emplois et à la garantie de logements et de l’éducation, sont généralement unifiées, ajoutant cependant que les questions politiques ne sont pas tranchées et qu’il est nécessaire de ce fait d’ouvrir un débat national autour de ces questions.

Pour sa part, M. Yassine Al-Ikhchidi, membre de la jeunesse du Pati Authenticité et Modernité, a affirmé « Nous ne sommes pas que des jeunes, mais également  des acteurs politiques », indiquant que les partis politiques « n’ont échoué que sur certains aspects » et ajoutant que les jeunes qui critiquent les partis nationaux devrait connaître les conditions dans lesquelles ces partis œuvrent  avant de les critiquer. Faisant allusion au « Mouvement du 20 février », M. Al-Ikhchidi a indiqué que certaines revendications politiques nécessitent d’être débattues avant de les soumettre.

Dans le même sens, le représentant de la Jeunesse Constitutionnelle a indiqué que son organisation partage les revendications légitimes qui ont été exprimées, mais qu’elle n’est pas toutefois d’accord avec le mode d’organisation, exprimant son souhait que tous les groupes rejoignent la coordination «  des jeunes pour la Nation, en vue  d’approfondir le débat sur les revendications des jeunes.

Pour sa part, M. Rachid Al-Idrissi a estimé que les messages exprimés par les jeunes sont simples, parce qu’ils traduisent des revendications légitimes, telles que le droit au travail, à l’éducation et aux soins médicaux, la lutte contre la corruption et la corruption et primauté de la justice sociale dans divers domaines.

M. Al-Idrissi a souligné que ces jeunes, qui revendiquent « le droit à la dignité, à la liberté et à la citoyenneté », avaient opté auparavant pour l’immigration clandestine, précisant que les conditions actuelles les ont incité à revenir et à réfléchir aux moyens pouvant garantir leurs droits et définir leurs devoirs au sein de la Nation.

De leur côté, les représentants des partis politiques ont unanimement souligné la nécessité de prendre en considération sérieusement les revendications des jeunes, en particulier, et des Marocains, en général, vu qu’elles diffèrent de celles exprimées par les partis politiques.

Ils ont appelé à faire prévaloir le sens de responsabilité et l’audace, tout en définissant de manière précise les points qui nécessitent amendement au niveau de la Constitution, d’autant plus que le champ politique se caractérise par une pluralité des acteurs.

Ils ont exhorté les partis politiques à parvenir à un consensus sur les réformes constitutionnelles, en vue d’éviter les surenchères, appelant les jeunes à adhérer aux formations politiques et à œuvrer à les démocratiser et à les changer de l’intérieur.

Les représentants des partis politiques ont mis l’accent, par ailleurs, sur la nécessité d’être à l’écoute des jeunes, qui devraient rester attachés aux revendications exprimées lors des marches du 20 février, affirmant que les partis de la majorité en particulier devraient faire preuve de responsabilité et reconnaître leur négligence ou leur échec à traiter de nombreuses questions et à trouver des solutions à des questions restées en suspens, afin de réhabiliter l’action politique.

Ils ont rappelé que le Maroc a constitué toujours l’exception, voire un modèle, dans le monde arabe, affirmant que la crise que nous vivons aujourd’hui nous interpelle pour évaluer l’expérience de la transition démocratique et sortir de « la polémique » politique.

Il est à signaler que les travaux de cette rencontre ont été marquée par la présence des représentants de différentes formations politiques, syndicales, d’organisations des droits de l’homme, d’organisation de la société civile, et d’organisations de jeunesses affiliées aux différentes formations politiques, ainsi que des membres du « Mouvement des jeunes du 20 février ».

Cette rencontre a été marquée également par la présentation de la plateforme élaborée par les organisateurs, dans laquelle ils ont tenu à donner la parole aux jeunes pour qu’ils puissent exprimer leurs préoccupations et leurs aspirations. Ainsi, certains d’entre eux ont souligné la nécessité de débattre des modalités pour jeter les bases d’une véritable démocratie, à travers la consécration des réformes politiques et constitutionnelles, alors que d’autres jeunes ont mis l’accent sur les revendications identifiées et unifiées des jeunes, qui visent à trouver des solutions salutaires aux problèmes du chômage, de la pauvreté, du logement, de l’éducation, d’accès aux soins médicaux et d’autres revendications justes.

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