Lors d’un séminaire organisé par le Mouvement Populaire et le Forum universitaire haraki, consacré à la discussion du thème « La régionalisation avancée… quels enjeux ? » :

– M.Ouheli : Le Mouvement Populaire milite, depuis sa fondation,pour ériger la dimension locale en pilier fondamental du développement

– M. Sekkouri évoque les étapes historiques que la régionalisation a traversées au Maroc et met en exergue le plaidoyer du parti en faveur du développement local en tant que fondement pour l’instauration du système régional

– M. Laenser évoque certaines problématiques épineuses qui entravent la mise en œuvre des plans et des stratégies majeurs relatifs au déploiement du chantier de la régionalisation avancée

Saliha Boujraf:

Les intervenants lors du séminaire organisé par le Mouvement Populaire et le Forum universitaire haraki sous le thème « La régionalisation avancée… quels enjeux ? » ont souligné, vendredi dernier à Rabat, que malgré les nombreux défis à relever, la régionalisation avancée constitue désormais un modèle de développement dans ses diverses manifestations.

Les participants à ce séminaire, dont des politiques, des universitaires et des acteurs dans ce domaine, ont été unanimes à souligner que la régionalisation avancée est un chantier stratégique, important et crucial, pour l’avenir du Maroc.

Ouheli précise les raisons de l’organisation du séminaire

De son côté, M.Hammou Ouheli, Président du Forum universitaire Haraki,a évoqué les raisons de l’organisation de ce séminaire dans cette phase actuelle, affirmant à cet égard « nous avons décidé l’organisation de ce séminaire en raison de la nouvelle orientation en matière de gouvernance et de la nature du modèle de développement qui met l’accent sur le développement local ».

Le Président du Forum universitaire Haraki a ajouté qu’à travers cette manifestation, « nous aspirons également à offrir l’occasion pour débattre des réformes profondes engagées par notre pays sous la Direction de Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans plusieurs domaines, dont notamment celles qui doivent être réalisées pour parachever le processus de la régionalisation avancée.

Ayant abordé les raisons du choix des axes ce séminaire, M.Ouheli a rappelé que depuis sa fondation, le Mouvement Populaire militepour que la dimension locale soit érigée en pilier fondamental du développement afin de résoudre de nombreux problèmes sociaux et économiques et instaurer une justice territoriale à même d’assurer la durabilité du modèle national en matière de réforme et de stabilité.

Sekkouri jette la lumière sur les principales étapes du processus de la régionalisation avancée

Pour sa part, M. Lahcen Sekkouri, membre du Bureau politique et coordinateur chargé de la supervision du Pôle de la gestion et de l’organisation des affaires du Secrétariat général du parti du Mouvement Populaire, a jeté la lumière sur les principales étapes qu’a traversées le processus de la régionalisation avancée.

Sekkouri a évoqué, dans son intervention centrée sur « le contexte historique de la régionalisation avancée », les étapes historiques traversées par la régionalisation au Maroc, affirmant dans ce sens que « depuis les premières années de l’indépendance, la réflexion du législateur marocain s’est focalisé sur la recherche d’une formule pour mettre en place une organisation administrative qui réponde aux contraintes économiques, sociales et politiques ».

Sekkouri a indiqué, à cet égard, que cette organisation administrative avait reposée initialement sur une centralisation administrative absolue, relevant qu’avec l’expansion de l’activité de l’Etat dans ses différentes dimensions, il était évident que « la décentralisation » émerge en tant que système permettant de prendre charge les responsabilités locales.

Sekkouri a poursuivi qu’« avec les accumulations politiques et économiques et les transformations qui ont caractérisé la structure de la société marocaine, en particulier au cours des dernières décennies, il était nécessaire d’adopter la régionalisation comme mode de gestion des affaires locales ».

Sekkoui a assuré, par la suite, que « puisque la nouvelle approche de développement ne satisfaisait plus une organisation administrative basée sur la centralisation, il était nécessaire de jeter les basesd’un système fondé sur la bonne gouvernance et la régionalisation avancée ; laquelle régionalisation avancée s’inscrit dans le cadre des politiques publiques engagées par le Maroc afin d’activer la démocratie locale au niveau national, en accordant la latitude de faire des choix et d’élaborer des programmes économiques, sociaux et de développement aux populations locales au niveau de chaque région qu’elles gèrent et ce, en fonction de leurs capacités et ressources propres et dans le cadre de la solidarité et de la complémentarité avec les autres régions.

Par ailleurs, M. Sekkouri a rappelé que le Mouvement Populaire avait plaidé en faveur du développement local et considère que la mise en place d’un système régional en constitue la base, indiquant que « le parti avait souligné cela dans sa contribution aux travaux de la Commission consultative sur la régionalisation, qui avait été mise en place pour assurer la coordination entre les différents acteurs concernés et auprès de laquelle j’avais l’honneur de représenter le Mouvement Populaire et ce, contrairement à d’autres partis qui avaient exprimé des craintes par rapport à l’adoption de la régionalisation ».

Sekkouri a affirmé, en outre, que « la régionalisation avancée n’est pas simplement une mesure territoriale ou administrative, mais constitue une traduction concrète d’une ferme volonté royale, fondée sur le renouvellement et la modernisation des structures de l’Etat, de manière à assurer la consolidation des piliers du développement intégré de nos territoires et à fédérer, par conséquent, les énergies de l’ensemble des acteurs autour d’un projet visant à adopter une politique publique efficace ».

Sedjari affirme que le succès de la régionalisation avancée est tributaire de l’adoption d’une politique publique efficace

A son tour, M. Ali Sedjari, professeur d’université, estime que la mise en œuvre du chantier de la régionalisation avancée sur le terrain nécessite l’adoption d’une politique publique efficace.

Dans son intervention ayant porté sur le thème « Les 7 déterminants du succès de la régionalisation avancée », M. Sedjaris’est interrogé sur le bilan de la mise en œuvre du plan institutionnel relatif aux régions, qui repose sur la nécessité d’identifier les moyens et les approches à même d’assurer le succès de la décentralisation et de la déconcentration administrative, en particulier en termes de transfert des pouvoirs, d’amélioration de l’harmonisation et de l’intégration des politiques publiques au niveau territorial, de promotion d’un développement économique, social et environnemental durable, de consolidation de la coopération, de promotion de la participation des acteurs institutionnels et territoriaux, ainsi que de renforcement de la démocratie participative.

Le professeur d’université n’a pas omis de souligner l’importance d’accorder de l’intérêt à la dimension territoriale, à travers l’exploitations des potentialités de chaque régions, la création des richesses et leur répartition équitable et la réduction de la concentration de la production des richesses dans une ou plusieurs régions définies afin de résoudre de nombreux problèmes sociaux et économiques et instaurer une justice territoriale susceptible d’assurer la durabilité du modèle de développement.

Laenser passe en revue son expérience dans la gestion des affaires régionales

Pour sa part, M. Mohand Laenser, Secrétaire général du Mouvement Populaire, Président du Conseil de la Région Fès-Meknès et Président de l’Association des Régions du Maroc, a passé en revue son expérience en matière de gestion des affaires régionales, affirmant que « la régionalisation n’est pas seulement un ensemble de lois et de procédures administratives, mais l’expression fondamentale d’un profond changement dans la structure de l’Etat et un soutien à une approche concrèteen matière de gouvernance territoriale, de manière à assurer la consolidation des piliers du développement et la mutualisation des énergies de l’ensemble des acteurs autour d’une expérience à laquelle adhèrent tous.

Laenser a souligné que la régionalisation avancée, en tant que modèle de gouvernance territoriale, vise à renforcer la participation des populations locales au processus de prise de décision et aide la région à déterminer ses priorités de développement et ce, en application des dispositions de la Constitution de 2011.

D’autre part, M. Laenser a attiré l’attention, dans son intervention sur le thème« La régionalisation avancée, entre les lois et la mise en œuvre », à la lenteur de la mise en œuvre de la régionalisation avancée en dépit de l’écoulement de trois années dans cette expérience, évoquant également l’ambiguïté qui règne autour de l’interprétation de certains textes juridiques de référence, en particulier ceux qui concernent les compétences propres, communes et transférées des régions et affirmant dans ce sens « il y a un chevauchement entre ces compétences, qui se engendredes dissonances fonctionnelles entre le financier et l’humain ».

Laenser a également évoqué certaines problématiques, telles que le manque de ressources financières entravant la mise en œuvre des plans et des stratégies, notant que la problématique des ressources financières et techniques et l’affectation des ressources publiques sont des questions épineuses qui revêtent une grande importance et doivent être résolues.

Le Président de la Région Fès-Meknès a relevé, en outre,« l’absence de moyens et de ressources humaines qualifiés, non seulement dans les rangs du personnel, mais également des élus, d’autant plus que la Région compte sur les élus, leur expertise, leurs expérience, leurs qualifications et leur formation dans divers domaines pour réaliser le développement escompté ».

Laenser a ajouté que le fardeau de la prise des décisions qui concernent le destin des populations repose sur ces élus, soulignant toutefois que « cela ne signifie pas que nous ne disposons pas de compétences, mais la plupart d’entre elles sont concentrées dans les régions majeures et ne peuvent pas être transférées vers les autres régions, sans compter la problématique des ressources financières et techniques qui est tout aussi importante ».

Le Président de l’Association des Régions du Maroc a poursuivi en affirmant qu’« il ne fait aucun doute qu’un processus de réforme régionale sérieux et efficace devrait s’appuyer sur la mobilisation maximale des ressources régionales, non seulement sur le plan financier, mais aussi sur le plan administratif, en raison de leur grande importance s’agissant de fournir un cadre de travail favorable en vue de réaliser une réforme efficace et un développement régional inclusif à la hauteur des aspirations des citoyens.

Laenser a souligné, dans ce sens, que le Maroc, sous la Sage Direction de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a su comment exploiter l’expérience qui a été capitaliser et les acquis liés à la démocratie locale.

Laenser a conclu en indiquant que les acteurs régionaux n’ont d’autre choix que d’œuvrer à la réussite du nouveau projet de développement, qui nous permettra de passer à une nouvelle étape offrant de grandes opportunités de développement, de manière à contribuer significativement à l’amélioration du cadre de vie des citoyens qui aspirent à voire les résultats se concrétiser sur le terrain.

Appel à trouver des solutions appropriées offrant des conditions de vie convenables aux populations

En outre, les autres interventions ont mis en évidence le rôle vital de la régionalisation avancée et les missions qui lui ont été confiées, relevant, lors de ce séminaire modéré par Mme ImaneNouri, professeur d’université, l’importance de traduire la régionalisation avancée à travers la dynamisation du développement local et appelant à la révision des lois qui entravent sa mise en œuvre.

Les interventions ont également mis l’accent sur la nécessité de procéder à une évaluation afin d’identifier les lacunes et les dysfonctionnements et de réfléchir aux solutions appropriées pour les surmonter et améliorer les performances régionales de manière adaptée au nouveau modèle de la gouvernance territoriale, appelant à innover une formule permettant d’instaurer un équilibre entre les régions et à conjuguer les efforts de tous les acteurs impliqués dans la gestion des affaires régionales afin de lever ces défis et trouver des solutions appropriées qui répondent aux attentes des populations en termes d’amélioration de leurs conditions de vie.

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