La Chambre des conseillers adopte à la majorité le projet de loi-cadre relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique

Saliha Boujraf:

La Chambre des Conseillers a adopté, hier vendredi à la majorité, le projet de loi-cadre n°51.17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique.

Ce projet de loi a obtenu 42 voix favorables, alors que trois membres de la Chambre ont voté contre et neuf se sont abstenus.

Dans une allocution à l’occasion de la présentation de ce projet de loi-cadre, le ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Saïd Amzazi, a affirmé que ce projet de loi, qui représente le couronnement d’un processus auquel diverses institutions constitutionnelles ont contribué,s’inscrit dans la continuité d’une dynamique renouvelée pour la réforme du système d’éducation et de formation, qui illustre une volonté nationale impérieuse et la ferme volonté royale de moderniser l’école marocaine en vue de réaliser son véritable essor.

Amzazi a souligné à cet égard que Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a cessé, depuis son accession au trône de Ses glorieux ancêtres, de mettre l’accent sur la nécessité de procéder à une réforme en profondeur de l’école marocaine, en tant que point de départ fondamental pour la valorisation du capital humain et l’édification du Maroc de la démocratie, du développement et de la prospérité.

Le ministre a rappelé, dans ce sens, que Sa Majesté le Roi a appelé dans Son Discours du Trône à parachever le processus de réformes en cours, à corriger les dysfonctionnements relevés et à entamer l’élaboration d’une nouvelle génération de grands plans sectoriels,fondés sur la complémentarité et la synergie et susceptibles de servir de pilier au nouveau modèle de développement basé sur la responsabilité et l’essor inclusif qui prend en considération les grandes orientations des réformes qui sont ou qui seront adoptées dans les différents secteurs.

Par ailleurs, M. Amzazi a considéré que le projet de loi-cadre est un projet national et sociétal qui concerne toutes les catégories de la société et ses diverses institutions et qui converge avec tous les chantiers de réformeengagés par le Royaume dans différents domaines, eu égard au fait que l’investissement dans l’éducation, la formation et la recherche scientifique constitue un investissement productif dans le capital humain, un levier du développement durable et un pilier essentiel du modèle de développement du pays.

En outre, le ministre a passé en revue les principales dispositions du projet de loi-cadre, à savoir notamment l’engagement de l’Etat de garantir la gratuité de l’enseignement public tous cycles et spécialités confondus, à élargir l’obligation de l’enseignement pour couvrir les enfants âgés de 4 à 16 ans, tout en portant un intérêt particulier à la petite enfance et aux enfants en situation de handicap ou ayant des besoins spécifiques et à l’atténuation des disparités territoriales.

Amzazi a indiqué que les dispositions du projet de loi-cadre portent également sur l’actualisation et l’adaptation des programmes, des curricula et des approches pédagogiques du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, la confirmation que l’arabe demeure la langue principale d’enseignement, le développement du statut de la langue amazighe dans l’école eu égard qu’elle une langue officielle de l’Etat, sans oublier la promotion des langues étrangères et leur adoption en tant que langues d’enseignement de certaines matières, notamment scientifiques et techniques, ainsi que l’amélioration de la qualité de la formation professionnelle, la promotion de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation et le développement de la gouvernance du système dans la perspective de la régionalisation avancée.

Le ministre a réitéré l’engagement du gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour appliquer les dispositions de ce projet de loi-cadre immédiatement après son adoption et sa publication au Bulletin officiel et àdéfinirun calendrierprécis pour l’élaboration des textes législatifs et réglementaires nécessaires en adoptant une approche participative, soulignant la nécessaire implication tous dans cechantier de réforme crucial.

Amzazi a précisé que le projet de loi-cadre vise à réformer le système d’éducation, de formation et de recherche scientifique dans une optique de promotion de l’équité, de l’égalité des chances, de la qualité, de la durabilité et de la prospérité de la société et de l’individu, ainsi qu’à mettre en place les basesd’un cadre contractuel national engageant l’Etat et les autres parties prenantes et partenaires impliqués dans ce domaine.

Le ministre a indiqué, en outre, que le projet de loi-cadre repose sur un ensemble de leviers, à savoir notamment la généralisation d’un enseignement inclusif et solidaire au profit de tous les enfants sans discrimination, l’institution du caractère obligatoire pour l’Etat et les familles del’enseignement préscolaire obligatoire,la promotiond’une discrimination positive en faveur des enfants dans les zones rurales et périurbaines, ainsi que dans les zones souffrant de déficit, la garantie du droit à l’éducation et à la formation en faveur des enfants en situation de handicap ou ayant des besoins spécifiques et la lutte contre l’abandon scolaire et l’analphabétisme.

Amzazi a ajouté que le projet de loi-cadre prévoit également la garantied’unenseignement de qualité pour tous à travers le renouvellementdes méthodes d’enseignement, de formation etde gestion, la réorganisation et la restructuration du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique l’établissement de passerelles entre ses différentes composantes, ainsi que la définition des objectifs de la réforme, notamment la consécration des constantes de la Nation telles que stipulées dans la Constitution et leur considération comme principal référentiel dans le modèle pédagogique adopté dans le système d’éducation, de formation et de recherche scientifique afin de renforcer l’esprit d’appartenance de l’apprenant à la Nation et son adhésion aux valeurs de citoyenneté et à l’esprit d’initiative.

Le ministre a conclu en affirmant que le projet de loi-cadre souligne que la réforme de l’enseignement est une priorité nationale impérieuse et une responsabilité commune de l’Etat, de la famille, de la société civile, des acteurs économiques et sociaux et des divers intervenants dans les domaines de la culture, de l’information et de la communication.

Amzazi a ajouté que l’Etat garantit la gratuité de l’enseignement obligatoire, qui englobe désormais l’enseignement préscolaire pour les enfants âgés de 4 à 6 ans, l’enseignement primaire et l’enseignement collégial, soulignant que personne ne sera privé de poursuivre ses études après l’enseignement obligatoire pour des raisons purement matérielles.

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