A l’ouverture de la 10ème session de l’Université Populaire organisée sous le thème « La démocratie linguistique et culturelle au Maroc » :M. Laenser  souligne la ferme conviction du Mouvement Populaire de l’identité marocaine et critique la course vers la préparation des élections de 2021

M. Ouzzine affirme que le parachèvement de la réconciliation nationale est tributaire de la réalisation d’une réconciliation culturelle avec l’identité marocaine

 Saliha Boujraf:

Mohammed Ouzzine, coordinateur de l’Université Populaire, a affirmé, samedi dernier à Salé, que le parachèvement de la réconciliation nationale entamée depuis une décennie est tributaire de la réalisation d’une réconciliation culturelle avec l’identité marocaine toutes composantes confondues.

Intervenant à l’ouverture des travaux de la 10ème session de l’Université Populaire, organisée par le parti du Mouvement Populaire sous le thème « La démocratie linguistique et culturelle au Maroc », M. Ouzzine a rappelé que le Maroc avait opté pour le pluralisme linguistique et identitaire depuis longtemps, indiquant que le nationalisme impulsé actuellement est dû au renforcement de l’esprit d’appartenance pluraliste et de la créativité après la réconciliation.

Par ailleurs, M. Ouzzine a souligné que l’Université Populaire a pour objectif de jeter davantage de passerelles de communication et de débat et constitue un espace pour rapprocher les points de vue et échanger les idées, eu égard àson riche programme qui comprend des ateliers, des séances de réflexion et des débats.

Ouzzine a indiqué, dans ce sens, que l’Université Populaire a toujours suscité l’intérêtde l’opinion publique, des réseaux des observatoires, ainsi que des organisationsde la société civile, exprimant le souhait que cette session aboutisse à des conclusions qui contribueraient à la promotion des droits culturels et linguistiques et relevant les acquis réalisés par la langue amazighe, notamment en termes d’institution du caractère obligatoire de son enseignement, de la généralisation de son enseignement horizontalement et verticalement et de sa normalisation, appelant à la capitalisation de ces réalisations.

D’autre part, M. Ouzzine a mis en exergue la position du Mouvement Populaire appelant à l’ouverture sur les langues du monde en raison de leur rôle fondamental dans la promotion de la coexistence, le rejet de toutes les formes de cloisonnement et d’extrémisme et la réalisation del’équité linguistique pour permettre à tous les Marocains d’accéder à un enseignementcommun et égal en tant que pilier fondamentalde l’édification d’un nouveau modèle de développement. M. Ouzzine a regretté, à cet égard, le retard accusé en matière d’approbationdu projet de loi organique relative à la déterminationdes étapes d’activation du caractère officielde la langue amazigheet des modalités de son intégration dans le domaine de l’enseignement et dans les domaines de la vie publique prioritaires.

Ouzzine a appelé, dans ce sens, toutes les forces politiques, de la majorité et de l’opposition, à rejeter tous les différends marginaux et à accélérer l’approbation des projets des deux lois organiques relatives respectivement l’activation du caractère officiel de la langue amazighe et au Conseil national des langues et de la culture nationales, précisant à cet égard « l’approbation des lois et leur publication au bulletin officiel n’est pas la chose la plus importante, mais plutôt la mise en œuvre de ces lois et la mise en place des institutions de manière à contribuer au renforcement du sentiment d’appartenance à un Maroc pluriel et du sens d’équitéchez tous les citoyens et les citoyennes ».

Ouzzine a conclu en soulignant que laconsécration de la démocratie linguistique et culturelle requiertde déployer un travail sérieux et de se prévaloir d’un esprit patriotique sincère pour parachever la réconciliation et édifier les institutions nationales.

Pour sa part, M. Mohand Laenser,Secrétaire général du parti du Mouvement Populaire, a souligné que la conviction du Mouvement Populaire est profondément ancréeen ce qui concerne l’identité marocaine et qu’elle est traduite par la vitalité de la société marocaine, affirmant dans ce sens « en fait, je suis venu pour être à l’écoute du débat engagé sur la scène et sortir avec une conviction, en dépit du fait que notre conviction au sein duMouvement Populaire et claire en ce qui concerne l’identité marocaine ».

Dans son intervention, M. Laenser a tenu à saluer les organisateurs pour le choix du thème de cette session, ajoutant « nous voulons un consensus national autour de ces questions fondamentales qui concernent l’identité marocaine et sur l’éducation qui concerne l’avenir de nos enfants ».

Laenser a poursuivi « lorsque nous entendons dans la rue qu’il y a une volonté de porter atteinte à la citoyenneté et l’identité, je ne crois pas que cela soit vrai. En toute franchise, lorsque le Mouvement Populaire et un certain nombre de forces sont attachés au choix d’enseigner les matières scientifiques en langues étrangères conformément à notre réalité, cela ne signifie pas une atteinte à la citoyenneté et à l’identité ».

Laenser a ajouté que la controverse est arrivée au point de qualifier ceux qui soutiennent et défendent la diversité linguistique pour les enfants des Marocains, à travers notamment l’enseignement de certaines matières, notamment les sciences en langue française, de « lobby français »ou de« défenseurs de la langue du colonialisme ».

Le Secrétaire général du Mouvement Populaire a assuré que cette question nécessite d’engager un débat serein et perspicace car ce sujet intéresse tous les Marocains, afin de clarifier les fondements sur lesquels est basé le choix, rappelant que les statuts du Mouvement Populaire ont mis l’accent, depuis sa création en 1958, sur l’ouverture sur l’environnement externe.

Laenser a affirmé, dans ce sens, « mêmele journal porte-parole du parti défendait le Grand Maghreb au lieu du Maghreb arabe, ainsi que la langue amazighe », notant que « depuis lors, nous sommes ouverts et nous défendons nos valeurs nationales et nous le faisons encore ».

Laenser a poursuivi quele débat engagé actuellement ne porte pas sur la langue amazighe et l’alphabet Tifinagh, mais qu’il s’agit d’autre chose qui traverse la scène politique, à savoir la course électorale en préparation pour les échéances de 2021.

Le Secrétaire général du Mouvement Populaire a exprimé, à cet égard, ses regrets devant cette guéguerre politique qui ne sert pas les intérêts des citoyens, affirmant « ce à quoi nous assistons aujourd’hui sur la scène politique n’est pas réjouissant. Ce qui est visible est qu’aujourd’hui nos yeux sont virés sur les élections de 2021, comme si toutes les réformes et les problématiques dont la résolution est attendue par les citoyens resteraient en suspens jusqu’à après lesdites élections ».

Laenser a conclu en affirmant « aujourd’hui, je pense que nous devons donner un signal que le pays a besoin d’une action politique sérieuse et réaliste qui se penche sur les préoccupations des citoyens. Certes, la concurrence est normale et légitime, mais elle ne devrait pas prédominer à elle seule la scène politique aux dépens des intérêts des citoyens ».

Partager sur Facebook