Amzazi : L’enseignement des matières scientifiques en langue étrangère garantit la qualité de l’enseignement et assure l’égalité entre les catégories du peuple marocain

Saliha Boujraf:

Saïd Amzazi, ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a plaidé, samedi dernier à Rabat, en faveur de l’adoption des langues étrangères pour l’enseignement des matières scientifiques et ce, afin de garantir la qualité de l’enseignement et d’assurer l’égalité entre toutes les catégories du peuple marocain.

Amzazi a affirmé, à cet égard, que le projet de loi-cadre de l’éducation et de la formation, soumis actuellement à l’approbation du Parlement, est intervenu pour réformer le système éducatif, mais malheureusement la discussion de ce document législatif a été confinée dans la discussion de la langue d’enseignement de certaines matières, notamment scientifiques.

Intervenant lors d’un séminaire organisé par le Mouvement Populaire sous le « Le projet de loi-cadre, une voie essentielle pour la réforme du système d’éducation et de formation », M. Amzazi a affirmé que le débat devait transcender les surenchères politiques, car la réforme de l’éducation n’est pas l’affaire d’un département gouvernemental particulier et ne concerne pas la majorité ou l’opposition uniquement, mais représente un projet sociétal national ».

Amzazia souligné que la politique linguistique définie par le ministère est claire et qu’elle est fondée sur des référentiels fondamentales, à savoir l’article 5 de la constitution, les discours de Sa Majesté le Roi et la vision stratégique de réforme du système d’éducation et de formation.

De même, M. Amzazi a passé en revue les étapes parcourues par le projet de loi cadre dans le but de son amélioration jusqu’à son blocage au Parlement par le groupe du Parti de la Justice et du Développement à la Chambre des Représentants, qui a refusé l’enseignement de certaines matières en langues étrangères, notamment le français.

Amzazi a ajouté que l’adoption de l’enseignement des matières scientifiques en langue française est justifié par le fait que le Maroc dispose d’un effectif d’enseignants qui maîtrisent la langue française en comparaison avec les enseignants qui maîtrisent la langue anglaise qui ne seront disponibles en quantité suffisante qu’après au moins dix ans, indiquant que les conditions d’adoption de l’anglais comme deuxième langue d’enseignement n’ont pas encore mûri.

Par ailleurs, M. Amzazi a considéré que le projet de loi-cadre état l’un des textes législatifs les plus importants et le premier projet de loi-cadre qui concerne le système d’éducation et de formation, d’autant plus que le Maroc a accompli d’importants progrès en matière de promotion de l’enseignement public malgré certaines contraintes qui subsistaient, notamment les disparités en matière d’enseignement entre les milieux urbain et rural.

Amzazi a souligné, en outre, que ce projet de loi-cadre est intervenu pour lever ces contraintes, relevant que le chantier de réforme de l’école publique constitue désormais une nécessité urgente et la pierre angulaire du renouvellement du modèle de développement auquel a appelé Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

D’autre part, M. Amzazi a indiqué que ce texte législatif contient plusieurs dispositions, à savoir notamment celles relatives aux symboles nationaux, puis qu’il a mis l’accent sur la généralisation du salut du drapeau et de l’hymne national dans tous les établissements d’enseignement, le caractère obligatoire de l’enseignement de 4 à 16, l’adoption d’une politique linguistique diversifiée et l’adoption de l’orientation précoce prônée par Sa Majesté le Roi afin que le choix de la formation professionnelle soit basé sur une conviction.

Amzazi a également évoqué la gratuité de l’enseignement, affirmant dans ce sens que ce texte législatif protège et garantit la gratuité de l’enseignement pendant toute la durée de la scolarisation obligatoire de 4 à 16 ans et précisant que les frais stipulés par le projet de loi-cadre sont relatifs aux frais d’inscription et non aux frais de scolarisation.

Dans le même sens, M. Amzazi a expliqué que les familles démunies ne sont pas concernées par le paiement des frais qu’elles paient actuellement, alors que les familles aisées paieront des frais d’inscription de 50 DH au début de l’année scolaire pour l’enseignement secondaire, tandis que les frais d’inscription à l’université ne dépasseront pas 500 DH par an.

Amzazi a précisé que les recettes de ces frais seront consacrées à l’amélioration du service rendu aux élèves au sein des établissements d’enseignement, indiquant qu’un fonds spécial sera créé pour financer la réforme du système d’éducation et de formation.

En ce qui concerne le statut des enseignants contractuels, le ministre a souligné que la nouvelle formule de recrutement de ces enseignants en vertu de contrats avec les Académies régionales d’éducation et de formation (AREF) constitue un choix irréversible, notant que les contrats qu’ils ont signés et qu’ils se sont engagés de leur propre gré à respecter ne leur permettent pas d’intégrer la fonction publique et rappelant que le gouvernement a adopté le système de recrutement par contrat pour remédier au déficité norme en enseignants dont souffrait le système.

Amzazi a souligné, à cet égard, que le gouvernement ne se rétractera pas par rapport à l’adoption du système de recrutement par contrat, indiquant qu’il est disposé à engager un dialogue avec les syndicats au sujet du dossier des enseignants recrutés par contrat, ajoutant que le gouvernement veillera à accorder davantage de droits aux enseignants recrutés par contrat au regard de leur contribution à la promotion de l’école publique.

D’autre part, le ministre a appelé les enseignants recrutés par contrat à se prévaloir du sens de la responsabilité nationale, prendre en considération l’intérêt des élèves, reconsidérer leurs positions et réfléchir aux heures de scolarisation que les élèves ont perdues.

Par ailleurs, les autres interventions lors de ce séminaire, modéré par M. Hammou Ouhelli, membre du Bureau politique du Mouvement Populaire, ont été unanimes à saluer l’initiative du ministère visant à adopter la diversité linguistique dans l’enseignement des enfants des Marocains, en particulier des matières scientifiques.

Certaines interventions se sont arrêtées sur les expériences de certains membres de leurs familles qui ont eu du mal à poursuivre leurs études en langues étrangères à l’université, en particulier après avoir passé des années à étudier les matières scientifiques en arabe du primaire au secondaire, soulignant l’importance du choix de la langue française pour l’ouverture sur les connaissances et les sciences universelles, en attendant la qualification et la réunion des conditions favorables à l’enseignement en anglais.

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