Le Groupe Haraki à la Chambre des Représentants tient le gouvernement responsable de la hausse vertigineuse des prix des hydrocarbures :

– Le gouvernement n’a pas œuvré à garantir une concurrence loyale sur le marché des hydrocarbures, qui est directement lié à la vie quotidienne des citoyens

– Appel à activer le Conseil de la Concurrence en tant qu’autorité constitutionnelle indépendante, chargée d’étudier la performance du marché et de lutter contre les pratiques immorales

Le Groupe Haraki à la Chambre des Représentants a affirmé, mardi dernier à Rabat, que le gouvernement est responsable de la hausse vertigineuse des prix des hydrocarbures, indiquant à cet égard que « les prix des hydrocarbures ont enregistré une hausse sans précédent durant ces dernières années et ontalourdi le fardeau des citoyens ».

Mohamed Moubdiî,Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants, a souligné, au cours d’une séance plénièreà la Chambre des Représentants consacrée à la discussion du rapport de la mission exploratoire ad hoc sur « le mode defixationdes prix de vente au public des hydrocarbures et la véritéet les conditions de concurrence dans ce secteur après la décision de libéralisation deleur prix », que la libéralisation du secteur a été opéré de manière improvisée et superficielle sans protéger le pouvoir d’achat des citoyens.

Par ailleurs, M. Moubdiî a salué le travail de la Commission, qui a mené une mission exploratoire anticipative, en interaction avec la situation liée aux interrogations soulevées par les citoyens au sujet desprix des hydrocarbures, soulignant que « la hausse des prix est principalement liée à la levée des subventions des hydrocarbures, ainsi qu’à la problématique de fermeture de la raffinerie Samir qui était une référence en matière de fixationdes prix ».

Le Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants a ajouté que « dans tous les pays, le prix de référence estdéterminé par les raffineries. Actuellement, après l’arrêt de l’activité dela raffinerie Samir, le prix est désormais déterminé au large en mer ou sur le marché international, ce qui est dangereux pour la sécurité énergétique de notre pays », s’interrogeant surl’identité des bénéficiaires de l’arrêt de l’activité de la raffinerieSamir ».

Moubdîi a considéré, en outre,que la libéralisation des prix des hydrocarbures est un choix comme tant d’autres choix économiques, poursuivantque « la libéralisation a été opérée en l’absence de mesures d’accompagnement et en l’absence d’un système de suivi précisde l’évolution des prix au niveau international et de son impact sur le plan interne, afin de pouvoir intervenir le cas échéant, comme cela est le cas pour lesdenrées alimentaires de base dont les prix ont été libéralisés ».

Dans ce sens, M. Moubdïi a appelé le gouvernement à intervenir pour prendre des mesures appropriées pour maintenir les prix à un niveau acceptable et abordable et ce, en instituant l’obligationde respecter une certaine marge bénéficiairepar les compagnies de distribution d’hydrocarbures ou les propriétairesde stations de vente des hydrocarbures,en fixant des prix plafonds eten mettant en place un mécanisme d’observation et de suividu respect de la structure des prix et de la garantiede la concurrence, tout en étudiantles effets et les répercussionsde la hausse des prix des hydrocarbures sur les prix des biens et le pouvoir d’achat des citoyens, sur la base du coût nominal et de l’évolution du taux de change du dollar par rapport au dirham.

M.Moubdîi a également rappelé d’autres mesures de précaution que le gouvernement devaitprendre pour éviter la hausse des prix des hydrocarbures, à savoir notammentl’amendement des loisrégissant la création des sociétés et compagnies d’hydrocarbures pour favoriser la liberté des prix et garantir les conditions d’une concurrence loyale et l’amendement de la loi relative à la liberté des prix et la concurrence, affirmant à cet égard que « l’Etat était préoccupé uniquement par le souci d’économiser 35 milliards de DHau profit de son budget général ».

Le Président du Groupe Haraki à la Chambre des Représentants a ajouté que le gouvernement n’a pas accordé la même attention à la situation des consommateurs et n’a pas œuvré à assurer une concurrence loyale sur le marchédeshydrocarbures, qui a unlien directavec le vécuquotidien du citoyen et le pouvoir d’achat de la famille marocaine.

Moubdiî a souligné, par ailleurs, la nécessité d’activer le Conseil de la Concurrence en tant qu’autorité constitutionnelle indépendante chargée d’étudier la performance du marché et de lutte contre les pratiques immorales, tout en œuvrant à régler et contrôler la boussole à travers la prise de mesures bien étudiées sur la base des mécanismes de ciblage, encourager l’investissement et l’adhésion du secteur bancaire, réexaminer la partie fixe des prix des hydrocarbures en révisant le système fiscal applicable à la consommation intérieure et qui évolue à la hausse et à la baisse en fonction de l’évolution des prix sur le marché international afin de protéger le pouvoir d’achat, renforcer les ressources fiscales de l’Etat et mettre l’accent sur la nécessité d’adopter une politique de communication avec les citoyens afin d’éviter les fausses informations qui sont relayées et ce, en vue de préserver les équilibres macroéconomiques et la paix sociale et prendre en compte le pouvoir d’achat du citoyen.

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