Al-Aâraj : La politique publique dans le domaine du patrimoine culturel immatériel repose principalement sur la protection juridique, l’inventaire et la documentation

Mohammed Al-Aâraj, ministre de la Culture et de la Communication, a affirmé, mardi dernier à Rabat, que la politique publique dans le domaine du patrimoine culturel immatériel repose essentiellement sur la protection juridique, l’inventaire, la documentation et la sensibilisation.

En réponse à une question orale sur « la préservation de la mémoire du patrimoine culturel immatériel national » posée par le groupe istiqlali de l’unité et de l’égalité à la Chambre des Conseillers dans le cadre de la séance hebdomadaire des questions orales, M. Al-Aâraj a indiqué que le patrimoine immatériel, qui constitue l’une des principales composantes du patrimoine culturel national, se distingue par sa variété, diversité et richesse, mais également par sa vulnérabilité et son exposition à divers risques eu égard aux transformations qu’a connues la société dans divers domaines.

Le ministre a assuré, à cet égard, que le Département de la Culture, conscient de tous ces défis, a placé l’entretien du patrimoine immatériel parmi ses principales fonctions et ce, à travers la prise d’une série de mesures.

Le ministre a poursuivi que ces mesures couvrent notamment la protection juridique, rappelant que le Département de la Culture a élaboré un projet de loi sur la protection du patrimoine culturel, sa préservation et sa valorisation ; lequel projet de loi amende la loi n° 80.22 relative à la préservation des édifices historiques, des paysages, des inscriptions rupestres, des objets d’art et des antiquités, adapte le cadre juridique national en vigueur dans ce domaine avec les normes internationales et intègre de nouveaux concepts, dont particulièrement le patrimoine culturel immatériel.

Par ailleurs, M. Al-Aâraj a indiqué que le Département de la Culture a élaboré un projet de loi relative aux « trésors humains vivants », qui porte sur les personnes qui disposent d’un haut niveau de connaissances et de compétences, nécessaires pour représenter ou reconstituer des éléments spécifiques du patrimoine culturel immatériel et qui peuvent assurer la transmission de leurs connaissances et compétences à d’autres générations, précisant que ce projet de loi prévoit des mesures institutionnelles et financières pour assurer une gestion efficace du système des « trésors humains vivants ».

Sur le plan de l’inventaire et de la documentation, le ministre a indiqué que son département procède à des opérations de terrain en vue de l’inventaire et de la documentation du patrimoine immatériel, dont notamment le programme d’inventaire et de documentation du patrimoine immatériel qui a été lancé à Taroudante en 2014 et à Assa-Zag cette année, en plus d’un projet spécifique relatif à l’inventaire et à la documentation du patrimoine oral hassani dans le cadre d’opération d’enregistrement et de documentation de modèles du patrimoine musical des CD-ROM.

Al-Aâraj a attiré l’attention sur le fait que la politique de son ministère dans ce domaine couvre également les opérations de classement et d’inscription, notamment en encourageant la conclusion de partenariats avec tous les acteurs (institutions, collectivités territoriales et associations, etc.) en matière de préparation de dossiers de classement et d’inscription sur la liste du patrimoine national.

Sur le plan international, M. Al-Aâraj a souligné que son département procède toujours, dans un cadre participatif, à la préparation des dossiers de candidatures pour l’inscription sur la liste du patrimoine mondial.

Dans ce sens, le ministre a rappelé qu’outre les six éléments inscrits sur la liste du patrimoine mondial (la place Jamaâ El Fna à Marrakech en 2008, le Moussem deTantan en 2008, les fauconniers en tant que patrimoine humain vivant en 2012 , le Moussem des cerises à Sefrou en 2012, la cuisine méditerranéenne en 2013 et les pratiques et compétences associées à l’arganier en 2014), le ministère prépare actuellement des dossiers de candidatures pour l’inscription d’autres éléments, à savoir notamment « la fantasia », le Malhoun, le Moussem d’Assa-Zag et les compétences liées aux palmiers.Al-Aâraj a indiqué, en outre, que cette politique s’appuie également sur la sensibilisation à l’importance du patrimoine immatériel, à travers l’organisation de forums scientifiques et d’expositions temporaires et la participation à des festivals et des manifestations culturelles ayant pour thèmes les contenus et les richesses du patrimoine immatériel.

Le ministre a conclu que son département continue à organiser environ 22 festivals chaque année, dont la majorité ont pour objectif la protection des expressions culturelles et artistiques qui ont été laissées en héritage et qui existent dans différentes régions du Royaume, ce qui a abouti à la sauvegarde de nombreuses manifestations du patrimoine immatériel qui étaient en cours d’extinction il y a des décennies (Ahidouss, Ahwach, Aâbidate R’ma, Al-Aïta, Rwaïss, le Gharnati, le Malhoun, la musique et le chant andalou, etc.).

 

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